Les investissements du Mexique dans l’Union européenne (UE) s’élevaient à 25 milliards d’euros en 2024, selon les dernières données disponibles de la Commission européenne.
Ces capitaux, tout comme ceux attirés par le Mexique auprès des entreprises de ce bloc de 27 pays, bénéficieront d’une plus grande sécurité juridique. Cela interviendra une fois que l’accord commercial intérimaire (ACI) sera entré en vigueur.
L’ACI a été signé le 22 mai 2025 à Mexico et les deux parties prévoient qu’il entrera en vigueur avant la fin de l’année en cours.
Investissements du Mexique dans l’Union européenne
Des entreprises mexicaines telles que Cemex, Sigma, Grupo Bimbo, Alsea, FEMSA et Nemak ont accru leurs investissements en Europe par le biais d’usines et d’acquisitions. Elles ont également développé leurs réseaux commerciaux dans les secteurs de la construction, de l’alimentation, de la distribution et de la construction automobile.
De 2021 à 2022, les investissements du Mexique dans l’Union européenne sont passés de 26 milliards d’euros à 34 milliards d’euros, atteignant un pic au cours des cinq dernières années.
Ils ont ensuite chuté à 21 milliards d’euros en 2022 avant de se redresser partiellement pour atteindre 24 milliards d’euros en 2023.
Accord commercial interne
L’ACI contient des dispositions qui libéralisent les investissements. Il suit en cela la même approche que les accords commerciaux les plus ambitieux signés à ce jour par l’UE.
En particulier, toutes les disciplines de fond du chapitre sur les investissements s’appliqueront tant au secteur des services qu’au secteur hors services.
Plus précisément, les investisseurs et leurs investissements pourront bénéficier de l’engagement de traitement non discriminatoire par rapport aux investisseurs et aux investissements nationaux ou provenant de pays tiers. De même, ils pourront bénéficier des disciplines ambitieuses en matière d’accès au marché (qui traitent des restrictions quantitatives telles que les monopoles et les droits exclusifs, les quotas et les tests de besoins économiques). En outre, l’accord prévoit l’interdiction de certaines exigences de performance.
Dans le secteur de l’énergie, l’ATI garantit que le principe de la nation la plus favorisée s’appliquera tant aux accords de libre-échange passés qu’aux futurs accords que le Mexique a conclus ou conclura.
L’accord garantit donc que les investisseurs de l’UE bénéficieront d’un traitement sur un pied d’égalité avec les investisseurs des autres partenaires commerciaux préférentiels du Mexique.
L’Accord global modernisé (AGM, qui inclut l’ACI) entre le Mexique et l’Union européenne mettra en place un tribunal spécialisé dans les investissements. L’objectif principal de ce mécanisme est de renforcer la sécurité juridique et de favoriser la croissance des entreprises sur le marché transatlantique.
De l’ALEUE-Mexique au nouveau tribunal de règlement des différends
Le texte actualisant l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mexique (ALEUE-Mexique) remplacera les anciens accords bilatéraux d’investissement (APPRI). À leur place, un nouveau tribunal de règlement des différends en matière d’investissement est mis en place.
Cet instrument de pointe établit le cadre réglementaire essentiel pour garantir la circulation des capitaux transfrontaliers. Il régit également des situations concrètes applicables tant aux entreprises mexicaines ayant des investissements dans l’Union européenne qu’aux sociétés européennes implantées au Mexique.
Quels sont les actifs protégés par le nouvel accord d’investissement ?
Ce traité international élargit la définition traditionnelle de la protection des actifs, en protégeant non seulement les entreprises, mais aussi un large éventail d’outils financiers et opérationnels. La couverture juridique englobe :
- Instruments financiers : actions, obligations et prêts.
- Actifs opérationnels : concessions de services et contrats de construction.
- Propriété et droits : droits de propriété intellectuelle, droits immobiliers, baux et garanties.