Le gouvernement mexicain a réinstauré des droits de douane sur les importations de lait à compter du mois de janvier dernier. Son objectif est de stimuler la production laitière au Mexique.
Cette mesure vise à progresser vers l’objectif d’augmenter la production nationale de ce produit de base jusqu’à 15 000 millions de litres par an d’ici 2030. On s’attend à une augmentation soutenue de la production.
Production laitière au Mexique
Les importations mexicaines de lait se sont élevées à 440 millions de dollars de janvier à avril 2026, soit une hausse de 10,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ces importations comprennent le lait non concentré et non sucré. Elles comprennent aussi le lait concentré avec ou sans sucre, ainsi que le lait fermenté et acidifié avec du sucre.
Voici les importations mexicaines de lait, en millions de dollars :
- 2018 : 793.
- 2019 : 945.
- 2020 : 849.
- 2021 : 1 090.
- 2022 : 1 523.
- 2023 : 1 213.
- 2024 : 1 144.
- 2025 : 1 227.
Lutte contre l’inflation
Le « Paquet contre l’inflation et la pénurie » (Pacic) a pour objectif de réduire l’inflation et d’enrayer la baisse de la consommation nationale grâce à la suppression temporaire des droits de douane sur les marchandises du panier de consommation de base mexicain. En vigueur depuis le 17 mai 2022, ce programme a fait l’objet de diverses modifications ; la plus récente date du 31 décembre 2025.
Le 3 avril 2025 a été annoncé le « Plan Mexique. Renforcer l’économie et le bien-être ». Son objectif est de renforcer le marché intérieur et les salaires. De plus, il vise à accroître la souveraineté alimentaire et énergétique. Le plan souhaite aussi augmenter la production nationale et réduire les importations en provenance de pays avec lesquels le Mexique n’a pas conclu d’accords commerciaux. Enfin, il établit de consolider les programmes de bien-être.
Produits agricoles
Conformément à l’accord de renouvellement du PACIC et après analyse des pressions inflationnistes qui génèrent une instabilité des prix des denrées alimentaires du panier de consommation de base, ainsi que du rythme de croissance des importations en provenance de pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange avec le Mexique, le gouvernement a jugé nécessaire de réexaminer la pertinence du maintien de l’exonération des droits de douane sur certains produits.
Toutefois, à cette fin — et dans le but d’augmenter la production nationale jusqu’à 15 000 millions de litres de lait par an d’ici 2030 —, il a été jugé nécessaire de supprimer les exonérations tarifaires appliquées à ce produit.
En conséquence, dans le cadre du Pacic, les droits de douane applicables à divers produits alimentaires essentiels, y compris la crème, ont été temporairement ramenés à zéro. Ceci vise à lutter contre l’inflation des prix alimentaires.
Le Mexique a rétabli, à compter du 1er janvier 2026, les droits de douane NPF sur les importations de divers produits agricoles — dont le lait et la crème. Cette mesure vise à renforcer la production nationale.
Les douanes mexicaines imposent des droits de douane pouvant atteindre 45 % sur les produits laitiers, tels que le lait en poudre.
Aides aux producteurs
La réintroduction des droits de douane vise à rendre les importations plus coûteuses. Cela donne une marge de manœuvre aux producteurs nationaux. Pour les entreprises, cela peut se traduire par une moindre pression concurrentielle extérieure. Il peut aussi s’agir d’une plus grande stabilité de l’approvisionnement local et une meilleure planification des achats, des stocks et des prix.
Parallèlement, le Pacic et le Plan México montrent que la politique commerciale et l’inflation ont une influence directe sur le marché laitier. Pour les entreprises, comprendre cette relation permet d’anticiper les coûts, d’ajuster les marges et de définir plus clairement leurs stratégies d’approvisionnement et de croissance.