Le représentant commercial des États-Unis (USTR) a conditionné le renouvellement du traité entre le Mexique, les États-Unis et le Canada (ACEUM) à la résolution de plusieurs problèmes lors de la révision conjointe de 2026.
Dans un premier temps, la politique commerciale américaine donnera la priorité à la correction des déséquilibres dans le commerce extérieur, après avoir détecté une augmentation soutenue des déficits commerciaux bilatéraux, conformément à l’Agenda de politique commerciale 2026 et au rapport annuel 2025 de l’USTR.
Déficit commercial et tensions réglementaires dans le commerce extérieur
Le déficit commercial avec le Mexique est passé de 111 milliards de dollars en 2020 à environ 197 milliards en 2025. Parallèlement, le solde négatif avec le Canada est passé de 14 milliards à 46 milliards de dollars au cours de la même période.
Le Mexique était sur le point de dépasser la Chine en termes d’excédent commercial avec les États-Unis en 2025. L’excédent de la Chine a chuté de 31,6 % en glissement annuel, à 202,071 milliards de dollars. En revanche, le solde positif du Mexique s’est élevé à 196,913 milliards, soit une hausse de 14,8 %.
Selon l’USTR, l’USMCA a constitué une étape importante pour rééquilibrer les relations économiques, même si des problèmes structurels persistent. Les États-Unis affirment que les déficits avec le Mexique et le Canada ont augmenté depuis l’entrée en vigueur du traité, ce qui nécessite des ajustements réglementaires.
Climat d’investissement
Selon l’USTR, l’USMCA a constitué une étape importante pour rééquilibrer les relations économiques des États-Unis avec le Mexique et le Canada, mais de nombreux problèmes doivent encore être résolus. L’USTR a notamment cité les exemples suivants à cet égard :
- Non seulement les États-Unis continuent d’enregistrer d’importants déficits commerciaux avec le Mexique et le Canada, mais ceux-ci ont augmenté depuis l’entrée en vigueur de l’ACEUM.
- Le Mexique a adopté une série de mesures préférentielles pour favoriser les leaders nationaux dans les secteurs de l’énergie et des mines, en particulier dans les domaines du pétrole, du gaz et de l’électricité, au détriment des investisseurs américains.
- Le Mexique a détérioré son climat général d’investissement.
- Les lois du travail inadéquates du Mexique et la faible protection de ces lois continuent de porter préjudice aux travailleurs américains.
- Le Canada continue de maintenir des politiques qui violent ses engagements en matière d’accès au marché des produits laitiers dans le cadre de l’ACEUM.
- Le Canada maintient des mesures numériques discriminatoires et restrictives, notamment sa loi sur la diffusion en ligne.
Défis en matière d’investissement étranger direct et de surcapacité industrielle
Le Canada est critiqué pour ne pas avoir respecté ses engagements en matière d’accès au marché des produits laitiers et pour maintenir des mesures numériques restrictives. La révision de l’ACEUM, prévue pour juillet 2026, visera à renforcer les règles d’origine dans les secteurs stratégiques et à mettre en place des mécanismes efficaces contre le transbordement de marchandises et la délocalisation de la production. L’objectif est d’éviter que les bénéfices de l’accord ne profitent à des entités extérieures à la région.
L’agenda 2026 devrait aborder la question de l’augmentation des investissements directs étrangers provenant d’économies non marchandes dans la région. Les États-Unis cherchent à atténuer les effets de la surcapacité industrielle sur les chaînes d’approvisionnement des trois partenaires commerciaux.