La Chambre allemande de commerce et d’industrie (DIHK) a indiqué que les capacités industrielles en Allemagne avaient connu un déclin. Elle a présenté ses arguments en réponse à l’enquête en cours menée par l’USTR au titre de la section 301.
Selon la DIHK, la capacité industrielle en Allemagne et en Europe a diminué dans de nombreux secteurs en réponse à l’évolution du marché. De plus, elle a diminué face à la concurrence mondiale.
Capacité industrielle en Allemagne
Le taux d’utilisation des capacités des entreprises industrielles européennes et allemandes est inférieur à la moyenne, s’établissant à seulement 77 % en janvier 2026.
Dans le même temps, l’industrie allemande réagit depuis des années aux fluctuations de la demande mondiale. Elle a donc réduit sa capacité de production. Actuellement, la production industrielle est inférieure de 18 % aux niveaux de 2018. De plus, les investissements industriels dans les machines et les équipements sont inférieurs de 17 % aux niveaux de 2018.
Les commentaires de la DIHK ont été formulés en réponse à l’enquête au titre de la section 301. Celle-ci concerne les surcapacités structurelles et la production dans certains secteurs manufacturiers.
Section 301
Selon la DIHK, les entreprises allemandes ne tirent aucun avantage indu des mesures suivantes mises en œuvre par l’Allemagne et l’Union européenne, car aucune juridiction
Subventions et marché
Encourager la production ou les exportations en dehors des forces du marché par le biais de subventions n’est pas suffisant. En effet, les aides d’État sont en principe interdites en vertu de l’article 107 du TFUE. Ce système garantit que tout soutien public reste ciblé, proportionné et transparent. Ainsi, il évite le maintien de capacités inutilisées.
Salaires et réglementation
Restriction des salaires minimums nationaux, fixés par la directive (UE) 2022/2041, qui renforce la négociation collective et le pouvoir d’achat. En Allemagne, la loi MiLoG et sa commission tripartite garantissent l’adéquation salariale pour toutes les entreprises opérant dans l’Union européenne.
Concurrence des entreprises
S’appuyer sur les activités non commerciales des entreprises publiques n’est pas suffisant, car les règles de l’Union européenne s’appliquent de la même manière aux entités publiques et privées. L’article 106 du TFUE exige que les États membres ne maintiennent pas de mesures contraires à la libre concurrence à l’égard des entreprises bénéficiant de droits spéciaux.
Accès au marché
Maintenir des barrières d’accès au marché n’est pas suffisant. Le régime tarifaire de l’Union européenne est faible et prévisible, avec une moyenne de 5 %. En outre, Eurostat indique que 72 % des importations ont été admises en franchise de droits en 2023. Cela témoigne d’une ouverture dont bénéficient toutes les entreprises.
Normes de protection
Abaisser les normes en matière de travail, d’environnement ou de politique sociale afin de réduire les coûts. Le cadre de l’Union européenne impose des exigences élevées à ses entreprises ; sa structure ne peut donc pas être qualifiée de moyen de réduction des coûts par le biais de protections laxistes.
Système de crédit
Accorder des prêts subventionnés ou participer à la répression financière n’est pas suffisant. En effet, l’Union européenne protège les marchés de capitaux ouverts. Les traités européens interdisent le financement monétaire et le favoritisme financier. Ils soutiennent ainsi un système de crédit fondé sur le marché.
Pratiques de change
Manipuler les pratiques de change, l’euro étant une monnaie à flottement libre. La BCE est indépendante en vertu de l’article 130 du TFUE et ne fixe pas d’objectif de taux de change, garantissant ainsi la neutralité sur le marché des devises.