Le ministère chinois du Commerce a réfuté l’existence d’une demande intérieure insuffisante en Chine et l’idée selon laquelle cela conduirait à une surcapacité.
Dans un document publié ce mardi, il a fait valoir que la Chine n’est pas seulement une puissance industrielle. De plus, la Chine est un important marché de consommation.
La demande intérieure a toujours été le principal moteur de l’économie chinoise. Elle a contribué en moyenne à hauteur de 93 % à la croissance économique du pays entre 2013 et 2024.
Sur ce total, le ministère du Commerce a indiqué que la consommation et l’investissement ont contribué respectivement à hauteur de 55 % et 38 % en moyenne.

Ce discours officiel renforce la lutte géopolitique entre Pékin et l’Occident au sujet de la surcapacité industrielle. En défendant la solidité de son marché intérieur, la Chine justifie ses exportations massives. Par ailleurs, elle défie les pressions et les restrictions tarifaires américaines au titre des règles multilatérales.
Demande intérieure insuffisante en Chine
Les ventes au détail totales de biens de consommation en Chine ont doublé, passant de 23 800 milliards de yuans en 2013 à 50 100 milliards de yuans en 2025. Ajustées selon la parité de pouvoir d’achat de la Banque mondiale, les ventes au détail totales de la Chine en 2025 seront 1,7 fois supérieures à celles des États-Unis, ce qui en fera le plus grand marché de consommation au monde.
Actuellement, la Chine occupe la première place mondiale en termes de consommation physique. De plus, la consommation annuelle par habitant de certains produits industriels s’approche des niveaux des pays développés.
Ces dernières années, selon le ministère du Commerce, le taux de croissance des ventes au détail totales en Chine s’est ralenti. Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la transition économique de la Chine. Celle-ci passe d’une croissance accélérée à un développement de haute qualité. Par ailleurs, cela reflète la tendance à l’amélioration de la structure de la consommation en Chine.
Ventes au détail
La stagnation de la consommation et la baisse des investissements en Chine au mois d’avril 2026 indiquent un changement marqué par rapport au contexte macroéconomique relativement solide du premier trimestre.
En ce qui concerne la consommation, la croissance des ventes au détail s’est établie à 0,2 % en glissement annuel. Il s’agit du chiffre mensuel le plus bas depuis décembre 2022. Ce mois-là a marqué la fin des politiques de « zéro Covid », selon la Commission d’examen économique et de sécurité États-Unis-Chine.
Parallèlement, les prix à la consommation ont augmenté après s’être maintenus proches de 0 % pendant trois années consécutives. En matière d’investissement, l’investissement en immobilisations (II) est devenu négatif en avril. On a enregistré une baisse cumulée de 1,6 % en glissement annuel. Par ailleurs, l’année dernière, l’II avait été négatif pour la première fois en plus de trois décennies.
Le ralentissement de la demande de crédit des ménages et des entreprises laisse présager une modération accrue tant de la consommation que de l’investissement au cours du second semestre.
Marché intérieur chinois
Si la consommation de biens de première nécessité est restée relativement stable, celle des services a connu une croissance rapide. Les dépenses par habitant consacrées aux services ont augmenté à un taux annuel moyen de 8,5 % au cours des cinq dernières années.
Pour le ministère du Commerce, attribuer le ralentissement de la croissance des ventes au détail en Chine à une demande intérieure insuffisante n’est ni objectif ni exhaustif. De plus, l’argument selon lequel « la demande intérieure insuffisante en Chine conduit à une surcapacité » est un « sophisme de déformation ». En outre, cela revient à appliquer des phénomènes de marché au niveau microéconomique à la structure macroéconomique.