8 Juillet 2026

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De la clause « sunset » aux révisions annuelles du ACEUM : incertitude et facteur « Chine »

7 julio, 2026
Francés
Map of North America illustrating the geographic context of the USMCA, the annual reviews, and trade uncertainty for companies in light of the China factor.
Map of North America in the debate over the USMCA’s sunset clause and annual reviews.

Les révisions annuelles du ACEUM qui trouvent leur origine dans la clause « sunset », susciteront une certaine incertitude. Cette incertitude est susceptible de nuire à la capacité de la région à attirer les investissements face à la Chine et à d’autres pays d’Asie.

Avec la clause de caducité, proposée par la première administration du président Donald Trump, le ACEUM prendrait automatiquement fin tous les cinq ans. Cela se produirait à moins que les trois pays ne s’accordent auparavant pour renouveler cet accord commercial.

Mais cette clause n’a finalement pas été adoptée et a été remplacée par d’autres clauses défendues à l’époque par Jesús Seade, négociateur en chef de l’ALENA pour le compte du président élu de l’époque, Andrés Manuel López Obrador.

Clause « sunset »

Au cours du quatrième cycle de négociations, le gouvernement américain a proposé d’inclure la clause « sunset ». Puis, lors du sixième cycle, le Canada a officiellement fait savoir qu’il approuvait la proposition du Mexique visant à instaurer la clause « sunset ». Cependant, le Canada a accepté la proposition du Mexique sans « mort subite ».

Diagrama circular que ilustra o ciclo de revisão do ACEUM, detalhando a vigência de dezesseis anos, as revisões a cada seis anos e o mecanismo de consultas anuais em caso de possíveis divergências.

Par la suite, Robert Lighthizer, alors représentant commercial de la Maison Blanche, n’a fait aucune allusion à la contre-proposition du Mexique. Cela a été interprété comme un signe d’acceptation. Ou, du moins, comme une indication que les États-Unis examinaient les propositions mises sur la table. 

Les révisions quinquennales s’appliquent à un groupe très restreint de produits. C’est le cas, par exemple, du sucre et des tomates mexicains exportés vers le marché américain. Mais l’extension du principe de la clause « sunset » à plus de 12 000 classifications de produits a été jugée intenable par Francisco de Rosenzweig, associé du cabinet White & Case.

Incertitude pour les entreprises

L’inclusion d’une clause de révision conjointe dans le ACEUM a fait l’objet d’une controverse. Lors des audiences organisées dans le cadre des négociations du ACEUM, plusieurs membres du Congrès ont exprimé leurs doutes quant à l’intégration d’une clause de révision obligatoire dans l’accord. En effet, ils ont fait valoir que cette disposition créerait de l’incertitude, risquerait de décourager les investissements privés et porterait préjudice aux entreprises américaines.

Certains membres se sont demandé si la clause de caducité ne risquait pas de contourner les compétences du Congrès en matière d’accords commerciaux. Par ailleurs, Robert Lighthizer a soutenu que le processus de révision conjointe du ACEUM permettait au Congrès d’exercer un contrôle plus important. Ce contrôle serait supérieur à celui prévu par les accords de libre-échange « perpétuels », qui ne prévoient pas de mécanisme de révision périodique.

Au cours des négociations sur les termes du ACEUM, les responsables de la première administration Trump ont proposé une « clause d’expiration » de cinq ans. Ils ont affirmé que le président déciderait de maintenir ou non l’accord cinq ans après son entrée en vigueur.

Un fonctionnaire de l’Office du représentant commercial des États-Unis (USTR) de l’époque a fait valoir que cette clause éviterait que les accords ne deviennent « obsolètes ». Il a également affirmé qu’« une pression politique considérable est nécessaire pour amener les nations à s’unir et à travailler sur ces accords ».

Les responsables canadiens et mexicains se sont opposés à la proposition initiale américaine de « clause de caducité ». Ils ont fait valoir qu’elle serait source d’incertitude pour les investissements et d’autres activités économiques.

Révisions annuelles du ACEUM

Le ACEUM est entré en vigueur le 1er juillet 2020 et a une durée initiale de 16 ans, jusqu’en 2036. Il fait l’objet d’une révision tous les six ans. En l’absence de consensus, le traité reste en vigueur. Toutefois, il expirera automatiquement en 2036 s’il n’est pas renouvelé. Si toutes les parties conviennent de le prolonger, il restera en vigueur pendant 16 années supplémentaires.

Et si une partie ne confirme pas son souhait de prolonger l’accord pour une nouvelle période de 16 ans, les parties procéderont à une révision conjointe chaque année pendant la décennie restante. 

La Chine « se réjouirait de la rupture » du ACEUM, a estimé l’ancien président de la commission des voies et moyens de la Chambre des représentants, Kevin Brady, qui plaide en faveur d’un renouvellement à long terme de l’accord afin de renforcer la position de l’Amérique du Nord face à la Chine.

Pour les entreprises, la révision du ACEUM doit être interprétée comme un signal les incitant à prendre des décisions avec davantage de rigueur stratégique. Il convient d’anticiper les scénarios, de protéger les investissements, de diversifier les fournisseurs et d’ajuster plus fréquemment les plans commerciaux afin de réduire les risques. De plus, il faut conserver une marge de manœuvre face aux changements du cadre réglementaire.

 

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