Les restrictions fiscales du Mexique empêchent le gouvernement fédéral d’octroyer des subventions industrielles généralisées, a déclaré le ministère de l’Économie.
Cet argument a été avancé dans le cadre de l’enquête menée par la Représentation commerciale des États-Unis sur la surcapacité structurelle et la production dans les secteurs manufacturiers. Cette enquête a été réalisée en vertu de la section 301.
Restrictions fiscales au Mexique
Selon le ministère de l’Économie, le Mexique ne dispose pas de régimes de subventions industrielles généralisées ou non fondées sur le marché. De plus, il n’existe pas d’autres mesures gouvernementales visant à accroître artificiellement la capacité de production.

Les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) indiquent que le Mexique accorde des subventions nettement inférieures à celles des principaux membres de l’OMC. Cela inclut les États-Unis.
Cela s’explique en grande partie par les restrictions budgétaires du Mexique. Le budget fédéral mexicain reste inférieur à 25 % du PIB. À titre de comparaison, il reste à environ 27 % aux États-Unis et 34 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.
L’USTR a ouvert de nouvelles enquêtes au titre de la section 301, axées sur la surcapacité structurelle dans les secteurs manufacturiers. En outre, les enquêtes portent aussi sur les pratiques de travail forcé.
D’une part, les enquêtes sur le travail forcé ont donné lieu à des droits de douane supplémentaires au titre de la section 301. Ceux-ci sont de 10 % ou 12,5 %, sur les importations en provenance de 60 économies — sous réserve de certaines exemptions de produits —. Ces mesures entreront en vigueur le 24 juillet 2026.
D’autre part, les enquêtes sur la surcapacité structurelle pourraient déboucher sur des droits de douane supplémentaires spécifiques à chaque pays. Leur portée serait similaire à celle des taxes précédemment imposées en vertu de l’IEEPA.
Voici trois arguments avancés par le ministère de l’Économie :
Dette publique
Le ratio dette publique/PIB du Mexique (49,8 %) est inférieur à celui des États-Unis (99,4 % pour le gouvernement fédéral et 123,9 % pour l’ensemble des administrations publiques). De même, les conditions financières au Mexique sont plus strictes. Par exemple, le taux des CETES dépasse largement celui des bons du Trésor américain. Par conséquent, ces conditions découragent le maintien de capacités inutilisées. En effet, cela représente un coût très élevé.
Taux de change
D’autre part, le Mexique fonctionne selon un régime de flottement libre des taux de change. Dans ce système, les forces du marché déterminent la valeur du peso par rapport au dollar sans intervention de la Banque du Mexique ni du gouvernement. Il n’y a donc pas de manipulation des taux de change visant à modifier artificiellement la valeur du peso. De même, l’État n’ordonne pas l’expansion industrielle et n’accorde pas de soutien financier pour maintenir une surcapacité.
Capacité industrielle
De même, la production industrielle répond aux décisions du secteur privé et à la demande du marché. En effet, rien n’indique l’existence d’une surcapacité, d’une surproduction ou d’une accumulation de stocks dans les secteurs étudiés. Historiquement, le taux d’utilisation des capacités de production se situe autour de 80 %, ce qui confirme les ajustements du marché. Enfin, le gouvernement n’intervient pas dans les décisions privées concernant la taille des sites de production.