Le Mexique et le Canada s’apprêtent à signer un plan d’action bilatéral au second semestre 2026 afin de renforcer le commerce extérieur, les investissements directs étrangers et les chaînes d’approvisionnement. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de révision de l’AMCEUM, avec des implications stratégiques pour le nearshoring et la politique commerciale régionale.
Plan d’action bilatéral : intégration économique et révision de l’ACEUM
Le nouveau cadre vise à faciliter le climat des affaires, à accroître les flux commerciaux et à promouvoir les investissements bilatéraux. Marcelo Ebrard, ministre mexicain de l’Économie, et son homologue canadien, Dominic LeBlanc, ont confirmé lundi que cet instrument inclura des aspects liés à la prochaine révision de l’Accord entre le Mexique, les États-Unis et le Canada, élément central de l’architecture commerciale nord-américaine.
Cette coordination s’inscrit dans le cadre d’une mission commerciale canadienne à Mexico, composée de 240 organisations et 370 chefs d’entreprise. L’objectif est d’augmenter les exportations, de diversifier les marchés et de consolider les chaînes de valeur régionales face aux mesures tarifaires unilatérales des grandes puissances.
Pourquoi est-ce stratégique pour le commerce extérieur ?
L’approfondissement des relations entre le Mexique et le Canada réduit la vulnérabilité face aux chocs externes et renforce la position de négociation régionale. En outre, cela ouvre des opportunités dans des secteurs tels que l’énergie, la fabrication de pointe, l’électromobilité et les minéraux critiques, qui sont essentiels pour la relocalisation de la production et le nearshoring.
Davos 2026 : le message géopolitique de Mark Carney
Le 20 janvier 2026, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que les puissances moyennes doivent agir de manière coordonnée face à la rivalité entre les grands blocs économiques.
Carney a averti que, dans un contexte de concurrence stratégique, les pays intermédiaires sont confrontés à un dilemme : rivaliser pour obtenir des concessions individuelles ou articuler une troisième voie ayant un impact systémique plus important. Ce message renforce la logique du plan Mexique-Canada en tant que réponse coordonnée en matière de politique commerciale.
TPPGP et convergence avec l’Union européenne
Selon des rapports internationaux, le Canada encourage les discussions entre l’Union européenne et les membres du Partenariat transpacifique global et progressiste (TPPGP) afin d’explorer l’une des plus grandes alliances économiques mondiales.
Le TPPGP regroupe l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. L’accord réduit les droits de douane, harmonise les règles d’investissement et renforce les disciplines en matière de commerce numérique et de propriété intellectuelle, élargissant ainsi les possibilités d’intégration transrégionale.
Implications pour les entreprises et les investisseurs
Pour les PDG et les directeurs du commerce extérieur, ce scénario soulève des questions clés : comment positionner les exportations mexicaines au Canada ? Quels secteurs attireront le plus d’investissements étrangers directs ? Comment anticiper les ajustements réglementaires découlant de l’ACEUM ?
Dans un contexte de volatilité commerciale et de fragmentation géoéconomique, la coordination entre le Mexique et le Canada apparaît comme un mécanisme d’atténuation des risques et une plateforme d’expansion internationale. Cette convergence stratégique pourrait redéfinir les flux commerciaux, attirer des capitaux productifs et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement en Amérique du Nord.