La Chine a réussi à neutraliser les effets des droits de douane américains, du moins au cours des sept premiers mois de 2025, selon un rapport de la CEPAL.
D’une part, les importations totales de la Chine ont reculé de 3,5 % au cours des sept premiers mois de 2025. Cet ajustement s’explique principalement par la chute des prix internationaux des matières premières. Parmi celles-ci, le pétrole, le minerai de fer et les graines de soja.
En outre, le climat d’incertitude accrue en matière de politique commerciale a amplifié la pression. La contraction de 11,9 % des achats en provenance des États-Unis est particulièrement notable.
Effets des droits de douane américains
La Chine a largement compensé la baisse de ses exportations vers le marché américain. Elle y est parvenue grâce à des augmentations à deux chiffres de ses exportations vers l’Union européenne, l’Inde et l’ANASE, entre autres destinations.
Dans ce contexte, l’ANASE a consolidé son poids commercial. Il s’agit de l’organisation de l’Asie du Sud-Est qui vise à promouvoir le développement culturel, économique et politique de la région. Elle est composée de dix pays : la Birmanie, Brunei, le Cambodge, les Philippines, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.
En outre, le commerce extérieur de l’ANASE a affiché un dynamisme remarquable au premier semestre 2025. Les exportations totales ont augmenté de 17,4 % en glissement annuel. Les importations, quant à elles, ont progressé de 15,3 %.
Selon les informations de la CEPALC sur les flux commerciaux de 60 économies, le commerce mondial de marchandises a maintenu une tendance à l’expansion au cours de la même période. La valeur des importations a augmenté de 6 % par rapport au premier semestre 2024.
Par secteur, les importations de médicaments, ainsi que celles de machines et d’équipements, se sont particulièrement distinguées. Les métaux et leurs dérivés se sont également démarqués, avec des taux de croissance à deux chiffres.
En revanche, seuls deux secteurs ont enregistré des baisses. Le pétrole et les mines ont reculé de 9 %. L’industrie chimique et pétrochimique a diminué de 4 %.
Commerce mondial
En résumé, le fort dynamisme du commerce mondial des biens au cours des sept premiers mois de 2025 s’explique en grande partie par des facteurs transitoires. Parmi ceux-ci, il convient de souligner l’accumulation de stocks par les entreprises. L’objectif était d’atténuer l’impact des hausses tarifaires aux États-Unis.
De même, comme prévu dans la section I.D, la plupart de ces hausses tarifaires ne se sont concrétisées qu’en août. L’élan observé était donc de nature temporaire.
Dans ce scénario, on s’attend à un ralentissement marqué du commerce mondial des biens pendant le reste de l’année. De plus, ce ralentissement s’accentuerait en 2026. Contrairement à 2025, l’effet de la hausse des droits de douane se ferait sentir dès janvier et sans mesures de soutien transitoires.
Dans le même temps, l’évolution des flux commerciaux bilatéraux entre janvier et juillet 2025 laisse entrevoir une profonde reconfiguration des chaînes de valeur mondiales. Ce processus s’explique principalement par le découplage commercial entre les États-Unis et la Chine.
Dans ce contexte, les économies d’Asie de l’Est, d’Asie du Sud-Est et de l’Inde ont joué un rôle central. Elles l’ont fait à la fois en tant que grands marchés de consommation et en tant que plateformes clés pour l’exportation de produits manufacturés.